Lutherie Sauvage à Bruges

Une fanfare de sons pour le quartier du Kaai à Bruges

Les enfants des 5e et 6e années de l’école Sint Leo-Hemelsdale à Bruges ont collaboré pendant des mois à la création d’une fanfare de sons, encadrés par Amadeo Kollectif et le musicien de jazz Everton Rodrigues de Souza. Avec pour thème « l’eau » et une attention particulière portée aux matériaux recyclés, les élèves ont conçu des instruments qu’ils ont finalement présentés lors de la Fête du Kaai à Bruges, le 26 avril.

L’idée du projet est née chez la Ville de Bruges, qui souhaite redonner vie au quartier du Kaai. Pour attirer l’attention, la ville a organisé la Fête du Kaai, désormais à sa deuxième édition. Amadeo Kollectif et la ville ont cherché ensemble une école pour ce projet, et Sint Leo-Hemelsdale a immédiatement adhéré à l’idée.
La classe avait déjà travaillé sur l’importance de l’eau, thème central du quartier du Kaai. Cela a servi de tremplin parfait : les élèves ont transformé leurs connaissances en une sculpture sonore, chaque instrument représentant un son différent lié à l’eau. L’inspiration venait du projet Lutherie Sauvage, où des instruments sont construits autour du thème de l’eau, une approche qu’Amadeo Kollectif souhaitait aussi concrétiser avec ces jeunes.

L'encadrement

Pendant dix séances, les enfants ont travaillé aux côtés de leur enseignant et du musicien de jazz Everton, un artiste brésilien qui collabore régulièrement avec Amadeo Kollectif sur des projets pédagogiques. Pour lui, ce projet était bien plus qu’une simple mission.

« Pour moi, en tant que musicien, c’est quelque chose de très spécial de pouvoir partager mon amour pour la musique avec les enfants », explique-t-il. « Surtout que je viens du Brésil et que je peux y intégrer des éléments de la musique brésilienne. Cela a beaucoup de sens pour moi. »

L'enseignant regarde le parcours avec satisfaction. Tout ne s'est pas toujours déroulé sans accroc, mais les progrès étaient clairement visibles.

« Certains élèves m’ont vraiment surpris, tant par leur talent musical que par leur engagement. Certains n’avaient au début aucune envie de participer, mais ont finalement très bien contribué. »

Les enfants prennent la parole

Pour les élèves, le plus passionnant dans ce projet a été de fabriquer des instruments de leurs propres mains et avec leurs idées créatives. Ils n’ont pas manqué de souligner, avec un sourire, qu’une leçon en moins çà et là aurait été la bienvenue. Travailler souvent en petits groupes a rendu la collaboration plus fluide.

« J’ai adoré travailler avec les deux classes ensemble. Ce n’était pas du tout difficile. J’aimais collaborer avec tout le monde », raconte l’un d’eux.
D’autres ont découvert des talents insoupçonnés.

« J’ai appris à jouer du trombone, et je ne pensais jamais en être capable. Maintenant, je sais que ce n’est pas seulement souffler : on peut vraiment créer une mélodie quand on s’y prend bien. »
Le 26 avril, les enfants ont présenté leur travail lors de la Fête du Kaai, avec un cortège dans le quartier et une présentation finale de la sculpture sonore.

« Je suis extrêmement fier de toute la classe et de ce qu’on a accompli. J’ai trouvé dommage qu’il n’y ait pas eu plus de monde pour le cortège, mais c’était génial de voir, à notre retour, que tout le monde nous observait et nous applaudissait. »

Texte et photos : Célestine Decloedt.

Mai 2026.

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